📸 Retour en images sur l’événement du 8 février 2025
Une journée pour célébrer les 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol ! 🌟
Un hommage à cet écrivain talentueux et ancien habitant de notre commune.
Un grand merci à Nicolas Pagnol et Vincent Fernandel pour leur présence et leur participation à cette journée ! 🙏
La journée a débuté au centre aéré de l’ALEFH avec une dictée, ouverte à tous, petits et grands ! ✍️ Il y avait également la présence de libraires pour la vente de livres, dédicacés par Nicolas Pagnol 📚.
Vous pouvez retrouver cette dictée sur notre site web : clefvalleedeure.fr/MarcelPagnol
Ensuite, direction la salle polyvalente de La-Croix-Saint-Leufroy pour un repas convivial dans une ambiance chaleureusement provençale 🍽️.
L’occasion parfaite de partager un moment autour de la culture et de l’héritage de Marcel Pagnol.
L’après-midi, nous avons pris la direction de l’église de La Croix-Saint-Leufroy, où Vincent Fernandel a joué les Sermons de Pagnol. 📖
Un grand merci à Monsieur Philippe Brun, député, et Monsieur Bernard Leroy, président de l’agglomération Seine-Eure, pour leur présence à cette belle initiative.
Un immense merci aux organisateurs : le Comité des fêtes, l’ALEFH, La Clé s’anime, les Transition’Eure, les 27000 Pattes et LAMVE.
La Dictée
Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers.
Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune.
La tour est un peu plus large que haute : mais comme elle sort du rocher à six cents mètres d’altitude, elle monte très haut dans le ciel de Provence, et parfois un nuage blanc du mois de juillet vient s’y reposer un moment.
Ce n’est donc pas une montagne, mais ce n’est plus une colline : c’est Garlaban, où les guetteurs de Marius, quand ils virent, au fond de la nuit, briller un feu sur Sainte-Victoire, allumèrent un bûcher de broussailles : cet oiseau rouge, dans la nuit de juin, vola de colline en colline, et se posant enfin sur la roche du Capitole, apprit à Rome que ses légions des Gaules venaient d’égorger, dans la plaine d’Aix, les cent mille barbares de Teutobochus.
Mon père était le cinquième enfant d’un tailleur de pierres de Valréas, près d’Orange.
La famille y était établie depuis plusieurs siècles. D’où venaient-ils ? Sans doute d’Espagne, car j’ai retrouvé, dans les archives de la mairie, des Lespagnol, puis des Spagnol.
De plus, ils étaient armuriers de père en fils, et dans les eaux fumantes de l’Ouvèze, ils trempaient des lames d’épées : occupation, comme chacun sait, noblement espagnole.
Cependant, parce que la nécessité du courage a toujours été inversement proportionnelle à la distance qui sépare les combattants, les tromblons et les pistolets remplacèrent bientôt les espadons et les colichemardes : c’est alors que mes aïeux se firent artificiers, c’est-à-dire qu’ils fabriquèrent de la poudre, des cartouches et des fusées.
L’un d’eux, un arrière-grand-oncle, jaillit un jour de sa boutique à travers une fenêtre fermée, dans une apothéose d’étincelles, entouré de soleils tournoyants, sur une gerbe de chandelles romaines.
Il n’en mourut pas, mais sur sa joue gauche, la barbe ne repoussa plus. C’est pourquoi, jusqu’à la fin de sa vie, on l’appela « Lou Rousti », c’est-à-dire Le Rôti.













